Aujourd’hui, nous voyageons à Madagascar pour cette publication scientifique qui démontre l’efficacité du cannabis médical dans le traitement de la douleur chronique. Cette condition persistante et invalidante touche entre sept et huit millions de Français. Comme le démontrent rigoureusement les données analysées par Faniry Lalamanjato et Blanche Nirina Richard dans les Cahiers du CEDIMES : en 2025 : s’obstiner dans le tout-opioïde est une aberration qui coûte cher, au sens propre comme au figuré.
L’efficience certifiée par la science
L’analyse coût-bénéfice ne ment pas. Là où le traitement classique à base d’opioïdes s’enferme dans une spirale de dépendance et de perte de productivité, l’alternative intégrant le cannabis thérapeutique affiche un rapport de 5,17. En clair : pour chaque euro investi dans un programme de santé incluant le cannabis, le bénéfice social est quintuplé par rapport au modèle actuel.
Mieux encore, l’étude a poussé le réalisme jusqu’à simuler un millier de parcours de vie pour tester la solidité de ces résultats. Ce test s’appelle la simulation de Monte-Carlo. Il révèle qu’avec le traitement classique aux opioïdes seuls, 7 patients sur 10 s’enfoncent dans une impasse où la douleur se double d’une précarité financière inévitable. C’est un système qui condamne l’individu dans 70 % des cas. En intégrant le cannabis thérapeutique, ce risque de tout perdre chute à 43 %.
Sécurisant ainsi aussi le retour à une vie active, le cannabis thérapeutique s’impose comme un rempart contre la précarité.
L’ÉCHEC THÉRAPEUTIQUE : LE POIDS DU DOGME
Probabilité que les coûts (soins + perte de revenus) dépassent les bénéfices santé selon les scénarios testés.
Le chiffre clé : Le cannabis thérapeutique permet une réduction significative de la douleur et une diminution progressive de la dose d’opioïdes, allant jusqu’à leur élimination totale en 8 semaines pour certains patients.
Le coût social d’un aveuglement idéologique
La prohibition n’est pas qu’un frein juridique, c’est un sabotage économique volontaire. Le travail mené au Centre Anti-Douleur d’Antananarivo met en lumière son impact direct sur la dignité citoyenne. Grâce au cannabis médical, les patients regagnent leur autonomie et peuvent reprendre le chemin du travail. À l’inverse, le modèle répressif condamne les individus à l’invalidité et à la détresse financière. Continuer d’investir dans la première option est, selon les auteurs, tout simplement irrationnel au regard des bénéfices et de la qualité de vie retrouvée.
Un anachronisme au cœur du soin
La fracture est désormais béante entre la réalité du terrain et l’idéologie d’État. D’un côté, on brandit la matraque législative pour stigmatiser les usagers, alors que de l’autre, la recherche prouve qu’avec une cure de CBD bien encadrée, on peut transformer radicalement le parcours de soin. L’intérêt de l’assistance aux premiers concernés est pourtant total puisque 100 % des patients interrogés se déclarent prêts à franchir le pas de la régulation pour sortir de l’impasse thérapeutique. Seules les autorités, murées dans un silence coupable et des politiques archaïques, maintiennent cet obstacle majeur à l’amélioration de la santé publique au nom d’un dogme qui ne survit à aucune analyse économique ou scientifique sérieuse.
À propos des autrices : l’expertise malgache face au retard français
Cette étude est le fruit du travail de Faniry LALAMANJATO et Blanche Nirina RICHARD de l’Université d’Antananarivo, Madagascar.
Alors que la France repousse pour la énième fois la date butoir de son expérimentation pour une durée indéterminée (annonce faite par le Pr Nicolas Authier suite à une réunion du comité scientifique temporaire de l’ANSM), avec seulement 700 patients, sur les 3000 qu’elle devait intégrer, qui continuent de bénéficier de ce traitement entre incertitude et précarité. Et force est de constater que cette généralisation du cannabis thérapeutique s’apparente plus à un mirage qu’à un objectif réel.
Cet éclairage venu de l’Île Rouge rappelle que le pragmatisme scientifique dépasse les frontières. Quand Madagascar produit des analyses coût-bénéfice de pointe, la France semble encore hésiter sur le seuil d’accès d’un traitement pourtant vital.
La science a parlé, l’économie a tranché.
Rejoindre NORML France n’est plus seulement un acte de soutien, c’est la seule façon de ne plus être une victime désignée d’un système qui préfère la répression au soulagement.
