Le 21 août sera un jour particulier. En effet, ce mardi, Prisca est déférée devant le Tribunal correctionnel de Douai pour usage et production des stupéfiants, en l’occurrence, du cannabis. Défendue par Francis Caballero, elle bénéficie du soutien de NORML France qui appelle les citoyens à se mobiliser pour une affaire qui pousse à la pénalisation de l’usage. 

Une mère de famille courageuse

Il y a quelques mois nous avons rencontré Prisca, habitante de Douai, dans les Hauts de France, mère de quatre enfants, atteinte depuis sa naissance du syndrome de Nail Patella, maladie génétique qui atteint les ongles, les genoux, les coudes et les ailes iliaques.

Avec une histoire personnelle très lourde, ce syndrome constituait déjà une double peine. Les traitements conventionnels n’y faisant rien, elle consomme du cannabis. Depuis son adolescence, Prisca a essayé nombre de ces traitements lourds, éprouvant et qui se révèlent bien souvent inefficaces. C’est pour mettre un terme à ce supplice, en 2015, qu’elle décide de mettre fin aux traitements. A cette époque, elle s’essaie donc à la consommation de cannabis en achetant pour commencer dans la petite cité à côté de chez elle.

Se rendant compte, au fils du temps, des risques qu’elle encourait, cette mère de famille décide de planter et de cultiver son propre médicament. C’est dans son atelier de travail que Prisca installe sa pharmacie naturelle, en plantant quatre graines en septembre dernier. 

Une intervention policière musclée, une enquête puis… une convocation devant le juge

A l’aube des fêtes de Noël, ce n’est pas une lettre du père Noël que reçoit la famille mais une lettre qui convoque le père devant l’officier de police judiciaire. Si tout le monde pense que cela est probablement dû à « un excès de vitesse », la réalité est bien différente. Alors que la mère préparait le réveillon, le père prépare les festivités au Commissariat où l’interrogatoire ne finit plus. Sous la pression, il craque.

Dans les minutes qui suivent, les fourgons de police rendent visite au domicile familial, prennent la place du traîneau et des cerfs, bloquent l’accès à la maison. Vingt policiers participent à l’intervention, pour ne découvrir que quatre plants.

Quatre plants découverts contre une maison retournée et le traumatisme que peut provoquer ce genre d’intervention à son domicile. S’ajoute à cela le passage devant le juge où la jeune femme est sermonnée par un Procureur de la République qui menace de faire appel au Juge des Enfants. 

Le 21 août, nous nous mobilisons pour Prisca !

Face à la violence, Prisca bénéficiera de la protection gracieuse de l’avocat Maître Francis Caballero. Il n’en demeure pas moins que la jeune femme est jugée par notre République comme une criminelle ; le droit français la plaçant au même niveau que les meurtriers, les terroristes ou les violeurs. 

Après l’avoir rencontrée, c’est l’émotion qui nous submerge. Comment ne pas se réveiller tous les matins avec une boule au ventre sachant qu’une mère de famille risque de se retrouver derrière les barreaux pour et perdre une partie de sa vie où elle ne verra pas grandir ses enfants parce qu’elle ose vouloir se soigner ? 

Le cannabis médical ne doit plus être un tabou

Là est le problème, à l’heure où des dizaines de pays ont légalisé l’usage médical du cannabis, la France pousse ses juges à condamner d’honnêtes citoyens afin d’asseoir une idéologie. Le précédent quinquennat de gauche, s’est d’ailleurs distingué par son immobilisme sur la question au point que la situation s’est aggravée. 

Aujourd’hui, nous demandons aux Magistrats de prendre la mesure de la situation anachronique dans laquelle le droit nous met et nous exigeons que les usagers de cannabis médical ne soient plus poursuivis, parce que comme Prisca, ils sont des dizaines voire des centaines de milliers à souffrir chaque jour et à requérir ce traitement. 

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