Alors que la 26ème Conférence Internationale sur la Réduction des Risques, qui s’est tenue à Porto, a pris fin hier, des centaines de professionnels-les de santé, d’universitaires, d’experts-es en politiques des drogues et en droits humains, d‘acteurs et actrices de terrain, et de personnes usagères de drogues ont lancé une déclaration appelant les leaders mondiaux à s’attaquer à la crise sanitaire mondiale dont sont victimes les usagers-ères de drogues et à prendre en considération leurs droits.

NORML France participe à ce mouvement international

Les ONG signataires, dont certaines comme NORML France font partie de la plateforme interassociative française relative aux politiques internationales sur les drogues, ont encore une fois pointé avec force les échecs de la guerre aux drogues. Entre 2009 et 2015, le nombre de décès liés à la drogue ont augmenté de 60%. Pour la seule année 2015, ce nombre a atteint 450 000, représentant environ 50 décès toutes les heures. L’engagement de réduire de moitié l’incidence de VIH parmi les personnes injectrices de drogues d’ici 2015, conclu il y a huit ans, n’a pas été atteint. La prévalence du VIH a, au contraire, augmenté d’un tiers parmi les personnes injectrices de drogues pendant cette période. De plus, au niveau mondial, 6 personnes consommatrices de drogues sur 10 vivent avec l’hépatite C. Enfin, 168 000 personnes usagères sont décédées d’une overdose en 2015.

Ces dommages sont évitables. Les preuves et les connaissances disponibles, présentées lors de la conférence cette semaine démontrent que la réduction des risques et les politiques des drogues centrées sur les droits humains et la santé peuvent sauver des vies, prévenir la propagation du VIH et de l’hépatite C, préserver la dignité et renforcer l’autonomisation des personnes usagères de drogues. Mais, cela requiert un engagement fort de la part des gouvernements, notamment de la France, et de l’ONU.

Des réserves sur les capacités de l’ONU aujourd’hui

La déclaration conjointe des ONG exprime de grandes réserves sur la capacité de l’Office des Nations Unies Contre la Drogue et le Crime (ONUDC) à gérer de manière efficace la réponse onusienne vis-à-vis de cette problématique. De par son mandat et sa gouvernance, l’ONUDC reste un organe de l’ONU dont l’objet est de contrôler la réponse répressive des Etats plutôt que de garantir les droits des usagers-ères de drogues.

Ainsi, l’ONUDC a régulièrement échoué à défendre la prévention, les politiques de réduction des risques, les droits humains et la décriminalisation. L’organe onusien a perdu encore davantage de crédibilité avec son silence répété face aux violations flagrantes des droits humains. Aujourd’hui, les personnes usagères de drogues continuent d’être victimes d’incarcération, de détention forcée, d’accès restreint à la santé, de violences, de stigmatisation et de discriminations institutionnalisées et, dans les cas les plus extrêmes, d’exécutions extrajudiciaires.

En réponse au manque de volonté politique, les ONG rassemblées à Porto appellent à un engagement mondial pour protéger les droits humains d’une « population persécutée » et demandent que ces abus inacceptables prennent fin. Ann Fordham, Directrice exécutive de l’International Drug Policy Consortium (IDPC), a déclaré : « Il reste 10 ans pour que les pays atteignent leurs engagements mondiaux pour promouvoir la santé, réduire les inégalités et assurer un accès à la justice pour tous, selon les Objectifs du Développement Durable de l’ONU. Le besoin d’un engagement politique plus fort à tous les niveaux n’a jamais été plus important. Face à la crise actuelle, la complaisance ne peut plus être tolérée ». 

La déclaration de Porto : un document historique

La déclaration qui fait l’objet de notre communiqué est essentielle pour le mouvement de la réduction des risques. C’est la première fois qu’autant d’organisations s’unissent pour dire que la réforme des politiques internationales des drogues est nécessaire. Le document auquel NORML France a participé défend une vision globale de la question des drogues. Elle présage d’une union de ces organisations, sous l’égide de l’International Drug Policy Consortium (IDPC) pour la prochaine Commission des Stupéfiants. 

Lire la déclaration en entier

Contacts-presse :

Béchir Bouderbala (NORML France)

b.bouderbala@norml.fr | 06 02 03 95 08

 

Laurène Collard (Fédération Addiction)

l.collard@federationaddiction.fr | 06 15 26 35 95

 

 Juan Fernandez (IDPC)

jfernandez@idpc.net | +44 75 5121 2183

 

Benjamin Phillips (Harm Reduction Coalition)

phillips@harmreduction.org | +1 917 545 2205

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