Comment s’est organisé le marché californien du cannabis que l’on connaît aujourd’hui ?
Et si on s’en inspirait en France et qu’on imposait un peu de THC dans nos CBD Shops?!

Qu’est ce que 420 ?

Pour l’anecdote, l’origine de l’expression « 420 » provient de l’histoire même du cannabis médical en Californie. « Il est 4h20 l’heure de l’apérispliff », « C’est le 20 avril, le jour de la fête du cannabis », le symbolique chiffre 420 fait aussi référence à la loi californienne « Senate Bill 420 » qui a permis aux magasins de cannabis de s’imposer dans tout le pays.

Cette vague a débuté en 2003, quand le gouverneur de l’État de Californie signa le SB 420 permettant alors aux patients, n’étant pas en capacité de cultiver leur médicament, de pouvoir tout de même se procurer du cannabis médical. S’en suivra alors l’apparition des magasins de fleurs de cannabis, surfant alors sur un flou juridique qui ouvra rapidement sur un véritable tsunami d’ouvertures de dispensaires. Rien que dans la ville de Los Angeles, à ce jour, seuls 169 dispensaires sont réellement en situation légale et pourtant la ville compterait toujours actuellement plus de 1000 magasins… La ville même n’arrive pas à suivre les comptes. Plus de 80% des magasins de Los Angeles sont donc de ce fait encore « tolérés » alors qu’ils sont de fait toujours illégaux.

Cela fait 15 ans déjà, déplorez notre retard en France, que de l’autre côté de l’océan les magasins de cannabis médical ouvrent, se font fermer puis ré-ouvrent une rue plus loin… Ces dispensaires ont vu le jour sans régulation et c’est aussi la raison pour laquelle ils ont subi plusieurs sessions de répression.

Si les magasins ont réussi à s’imposer, c’est aussi parce qu’ils ont décidé de « s’unir pour agir » au point que la ville a finalement fini par baisser les bras et stopper ses interventions en demandant en parallèle à l’État d’établir des lois plus précises pour résoudre la situation les concernant.

Les entrepreneurs :

Ce qui aura fait la force en Californie, c’est bien l’union établie entre les entrepreneurs qui aura joué un rôle très déterminant.

Magasins, producteurs, distributeurs et transformateurs se sont réunis sous forme de “collectives” à but non lucratif afin de faire face à la répression.

C’est ainsi soudée, la communauté cannabique entrepreneuriale californienne a décidé qu’avant de se comporter comme des concurrents les uns envers les autres, ils devaient d’abord être solidaires, car l’obstacle principal identifié était avant tout une interprétation ultra répressive des lois par certains décideurs. Cela rappellera à beaucoup la situation en France où selon les régions et les préfets, la sévérité contre les CBD Shops s’applique différemment.

Les entrepreneurs ont donc choisi qu’il fallait en premier lieu s’unir et qu’ils pourraient toujours s’amuser à se faire la guerre sur un marché stabilisé a posteriori, une fois qu’ils auraient pu proposer et construire une filière du chanvre à fleur correctement régulée en tenant compte de tous les opérateurs du marché en s’adaptant à eux plutôt que l’inverse.

Les avocats :

Ce n’est pas sans les juristes & avocats, souvent vus eux-mêmes comme des activistes, que les choses se seraient passées ainsi.

Bien évidemment, la plupart des avocats qui défendent les magasins de cannabis sont le plus souvent des défenseurs de patients auto-cultivateurs.

En effet, tout est lié ! Tout comme le fabricant de médicaments pharmaceutiques dont le rôle est de faciliter le développement et l’accès aux médicaments, le cultivateur de Cannabis sativa L. et le dispensaire jouent aussi ce rôle important de soutien auprès des patients, celui de leur permettre l’accès au cannabis médical.

Ainsi, c’est victoire après victoire devant les tribunaux que l’interprétation des lois donnera petit à petit raison à ces courageux entrepreneurs, déterminés à se battre pour faire jurisprudence.

Encore une fois, cela nous rappellera deux événements qui marquent déjà l’histoire du cannabis français, deux victoires récentes, d’abord celle du magasin Green Heaven le 16 octobre 2018 à Bordeaux défendu par l’avocat Nicolas HACHET puis le copte rendu de l’appel sur l’affaire Kanavape ce 23 octobre dernier, cet appareil à vapoter du CBD pionnier en France et dont les créateurs étaient défendu par l’avocate Ingrid METTON.

S’unir pour agir :

L’union des entrepreneurs et des avocats s’organise en France !

Autour d’un événement organisé par le Collectif 420, se réuniront ce week-end (du 10 au 12 novembre 2018) des entrepreneurs venus de toute la France mais aussi de République tchèque, de Belgique, de Suisse, d’Italie…

Près d’une centaine de participants sont déjà inscrits à ce rendez-vous d’échange interprofessionnel pour se joindre autour de grands noms que toute la communauté cannabique observe de plus en plus, ces spécialistes du droit français qui s’intéressent au sujet du cannabis et qui se font entendre en ce moment dans notre pays.

Feront donc honneur à l’événement, Yann BISIOU en maître de conférence et spécialiste du droit de la drogue et aussi les avocats Ingrid METTON, Nicolas HACHET et Francis CABALLERO pour animer le débat et répondre aux questions de tous ces acteurs de la scène cannabique française réunis dans cette ambiance amicale et chaleureuse.

Une des questions à l’ordre de jour et qui intéressera le plus grand nombre, sera la situation du taux de THC que l’Europe nous autorise et que la France nous interdit… Comment notre équipe d’avocats planifiera-t-elle de faire respecter l’application de la loi européenne ?

NORML France se lie et encourage fortement toute l’équipe du Collectif 420, tout comme les avocats qui animeront l’événement et apporte tout son soutien à cette initiative, qui est aussi pour beaucoup le début de grands projets, et bien sûr surtout de grands espoirs pour la France.

Infos évènement : Rendez-vous d’échanges Interprofessionnels
Contact : collectif420.europe@gmail.com

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